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Le couperet est tombé... (16 août 2007)
Après 2002, suite à la parution de la loi Kouchner, les « centres d’enseignement d’ostéopathie » ont poussé comme champignons en automne. Il en a été comptés jusqu’à soixante dix sur tout le territoire ! Onze établissements d’enseignement à temps plein ont reçu leur agrément.
La commission nationale d’agrément a eu la sagesse d’entériner une évidence : la formation d’un(e) ostéopathe nécessite cinq ans d’études. Elle a décidé d’écarter de cette formation les approches par trop philosophiques ou ésotériques. Mise à part cette précaution élémentaire, elle s’est surtout appliquée à vérifier si les locaux, les structures administratives et l’enseignement des matières médicales correspondaient aux normes exigées. Pour l’heure, la commission n’a pas jugé utile d’évaluer la qualité et la crédibilité de l’enseignement spécifique à l’ostéopathie. Cette crédibilité en incombe donc maintenant aux écoles accréditées. Nous avons pour devoir de concevoir et d’organiser un enseignement spécifique à notre profession qui soit intelligible et crédible pour l’ensemble des communautés universitaires, scientifiques et médicales.
En 1988, la structure qui allait devenir OSTEOBIO « Ecole supérieure d’ostéopathie et de biomécanique appliquée » inscrivait dans ses statuts que cette école avait pour objectif de devenir « Une structure d'enseignement et de recherche technologique et scientifique, permettant l'acquisition d'un niveau de connaissances théoriques et pratiques en matière de mécanique du vivant ». Il aura fallu une dizaine d’années de travail dans cet esprit pour élaborer un modèle biomécanique, outil conceptuel indispensable pour commencer à définir et quantifier les paramètres gérant l’interface entre les forces mécaniques et les tissus vivants. Ce modèle de fonctionnement articulaire, dit « modèle princeps », qui a été primé ANVAR (nouvellement OSEO) en 2000, a mis en évidence la synergie des trois fonctions que sont le mouvement, le métabolisme et l’information qui concourent à la stabilité dynamique du système.
En corollaire, une déficience quelconque de l’une des trois fonctions conduira à un profil pathologique donné (Cf publication ITBM RBM, numéro spécial colloque MECABIO juillet 2006, vol.27 (3) - p.91-148).
On peut donc définir clairement les champs d’application thérapeutique et technologique découlant de cette modélisation.
Trois structures ont été créées pour valider et exploiter cette modélisation.
OSTEOBIO, propriétaire du modèle princeps, est donc la structure de formation dont la mission est l’enseignement de la biomécanique dans ses applications à la pathologie de l’appareil locomoteur et autres systèmes.
MECABIO est une association (loi 1901) assurant le lien entre chercheurs des différentes disciplines concernées (mécaniciens, biologistes, imageurs, cliniciens, informaticiens) pour réaliser des programmes de recherche multidisciplinaire en biomécanique articulaire.
COGITOBIO est une société dont la vocation est le transfert de technologie des résultats de la recherche au monde industriel (industrie des transports, du sport, ergonomie, troubles musculo-squelettiques…). Ces trois structures complémentaires et synergiques, sont constituées d’ingénieurs mécaniciens, de biologistes, d’imageurs, d’informaticiens, de médecins, de praticiens ostéopathes, et ont développé un concept permettant d’appréhender l’appareil locomoteur dans son intégralité et de comprendre son fonctionnement en configuration saine ou pathologique. Cette organisation a permis à OSTEOBIO de concevoir et d’organiser un socle d’enseignement pluridisciplinaire reposant sur des pré-requis scientifiques et médicaux permettant de définir les champs de compétences du praticien, de maîtriser les méthodologies de mise en évidence des dysfonctions mécaniques et des protocoles thérapeutiques qui peuvent y répondre. Le tout au service d’une main dont l’éducation commence dès la première année.
Cette formation est exigeante. Elle demande travail et persévérance. Mais c’est le prix à payer pour intégrer le monde universitaire, scientifique, technologique et médical.
C’est encore une aventure passionnante !
Camille Gossard Directeur d'Ostéobio
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